Les intermittents : victimes de la crise sanitaire. Quelles conséquences suite à l’annulation de nombreux festivals ?

Les intermittents : victimes de la crise sanitaire. Quelles conséquences suite à l’annulation de nombreux festivals ?

L’économie française, comme celle des autres pays, a été frappée de plein fouet par la crise sanitaire. Bien souvent, la vie culturelle et le monde du spectacle sont les premières victimes des crises économiques que nous traversons. Mais aujourd’hui, nous nous trouvons dans une situation inédite. De nombreux théâtres et centres culturels ont dû fermer leurs portes. Pire encore, de nombreux festivals ont été annulés : quels en seront les impacts pour les intermittents du spectacle ? Cet article revient en détail sur les conséquences de ces mesures exceptionnelles pour les travailleurs du spectacle.

LES INTERMITTENTS FRAGILISES

Le statut d’intermittent du spectacle reste un statut à part. Il s’applique à un artiste, un technicien ou un ouvrier du spectacle vivant dont la situation professionnelle est précaire, car alternant période d’emploi et de chômage. Le caractère temporaire et le manque de continuité de leurs contrats fragilisent ces travailleurs. Dans le cadre de ce régime particulier, les intermittents sont souvent employés sur base de contrats spécifiques, qui leur permettent de s’adapter aux aléas du monde du spectacle. Ils sont soumis à certaines obligations afin que ce statut soit renouvelé chaque année. Parmi elle, celle du nombre d’heures de travail cumulées sur une année. En effet, chaque intermittent doit, d’une année à l’autre, pouvoir justifier avoir travaillé 507 heures, afin d’ouvrir des droits au chômage (Aide pour le retour à l’embauche), de cotiser pour la retraite et à la sécurité sociale.

Annulation des festivals

Beaucoup d’intermittents parviennent à effectuer leurs heures en travaillant notamment l’été dans les festivals de musique, cinéma, théâtre… etc. C’est à cette période qu’ils sont le plus sollicités. Malheureusement, cette année, beaucoup ont dû renoncer à leurs cachets suite à l’annulation de nombreux festivals. Le gouvernement a tenté d’endiguer ce phénomène en autorisant les rassemblements allant jusqu’à 5000 personnes. Malheureusement cette mesure n’a pas été suffisante. En effet, de nombreux festivals ont été annulés car les contraintes sanitaires nécessaires au bon déroulement des festivités se sont avérées trop coûteuses à mettre en place. Une étude estime que la facture de ces annulations s’élèverait à plus de 2,3 milliards d’euros !

Impact sur les intermittents

De fait, les intermittents qui n’avaient pas encore atteint les 507 heures de travail nécessaires au renouvellement de leur statut se sont retrouvés fragilisés. Comment trouver du travail dans un tel contexte ? Comment parvenir à faire ses heures ? Vers qui se tourner pour trouver du soutien ? Les pouvoirs publics ont bien entendu œuvré pour trouver des solutions. Parmi elle, l’instauration d’une année blanche, au cours de laquelle les intermittents ne paieront pas d’impôt sur leurs revenus. Voyant que la situation ne s’améliorait pas pour le monde du spectacle, le gouvernement a aussi décidé, en juillet, de prolonger d’un an les droits des intermittents, jusqu’au mois d’août 2021, permettant ainsi aux intermittent n’ayant pas pu effectuer le nombre d’heures requises de conserver leur statut et donc leurs droits.

Difficile pour le moment de mesurer l’impact de la crise sanitaire sur le long terme. Mais il est certain que les petites structures risquent de devoir jongler entre reports et annulations. Et le marché de l’emploi pour les intermittents sera encore plus incertain. Heureusement, beaucoup de collectivités ont pour le moment décidé de maintenir les subventions allouées à la culture et au spectacle. Les pouvoirs publics font leur possible pour maintenir ce secteur à flot. Un projet de décret est en cours, afin d’entériner les mesures de soutien aux intermittents mises en place pendant la crise sanitaire.

Même si l’incertitude règne encore, l’aide fournie par les pouvoirs publics devrait au moins permettre d’en rassurer certains, en attendant que l’activité reprenne.

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